Qu'est-ce que la santé mentale?

Chez chacun de nous, la santé physique et la santé mentale sont deux aspects fondamentaux de la vie intimement liés et étroitement interdépendants. Plus l'on prend conscience de cette corrélation, il devient toujours plus évident que la santé mentale revêt une importance vitale pour le bien-être général des individus, des sociétés et des pays.[1] [2]

 

« La santé mentale est la capacité qu'a chacun d'entre nous de ressentir, de penser et d'agir de manière à améliorer notre aptitude à jouir de la vie et à relever les défis auxquels nous sommes confrontés. Il s'agit d'un sentiment positif de bien-être émotionnel et spirituel qui respecte l'importance de la culture, de l'équité, de la justice sociale, des interactions et de la dignité personnelle [2 ] [3]. » [ Traduction ]

 

Les maladies mentales sont caractérisées par des altérations de la pensée, de l'humeur ou du comportement (ou une combinaison des trois) associées à un état de détresse et à un dysfonctionnement marqués. Les symptômes de la maladie mentale varient de légers à graves, selon le type de maladie mentale, la personne, la famille et le contexte. La maladie mentale peut prendre diverses formes, entre autres: troubles de l'humeur, schizophrénie, troubles anxieux, troubles de la personnalité, troubles de l'alimentation et dépendances telles que les toxicomanies et le jeu pathologique [2 ].

 

Les notions traditionnelles de santé mentale et de maladie mentale décrivent généralement la relation qui les unit sur un seul continuum. Selon ce modèle, la maladie mentale est située à l'une des extrémités du continuum, tandis que la santé mentale se situe à l'autre extrémité. Or, la santé mentale ne se résume pas à la simple absence de maladie mentale [4]. En fait, dans l'optique de la personne atteinte d'une maladie mentale, la promotion de la santé mentale, telle que cette dernière est définie ci-dessus, représente un atout important qui facilite le processus de rétablissement [2 ] [3].

 

Votre santé mentale

La santé mentale consiste à trouver un juste équilibre dans tous les aspects de la vie: social, physique, spirituel, économique et mental. Atteindre cet équilibre est un processus d’apprentissage. Par moment la balance penchera peut-être davantage d’un côté et la personne doit travailler pour retrouver son point d’équilibre. L’équilibre de chaque personne est unique. Il faut conserver cet équilibre pour rester en bonne santé mentale [5].

 

Statistiques sur la santé mentale

Un Canadien sur cinq sera aux prises avec une maladie mentale au cours de sa vie et en général, 70 % des problèmes de santé mentale se déclarent durant l’enfance ou l’adolescence [6].

Ces troubles peuvent altérer le développement et le fonctionnement à la maison, à l'école ou au travail. Ces troubles sont les plus invalidants de tous. La bonne nouvelle est qu'un diagnostic et des traitements précoces peuvent donner à un enfant les outils pour mener une vie normale [7].

Tous les Canadiens et toutes les Canadiennes sont indirectement touchés par la maladie mentale, serait-ce par un membre de famille, un ami ou un collègue puisque la maladie mentale touche les personnes de tous âge, de tous niveaux scolaires et de revenu et de toutes cultures [5].

Les troubles anxieux sont les problèmes de santé mentale les plus communs. Il est estimé qu’une personne sur dix en souffre. Le taux de prévalence est plus élevé chez les femmes que chez les hommes et les enfants peuvent en souffrir autant que les adultes. Les troubles anxieux sont des maladies que l’on peut diagnostiquer et traiter efficacement [5].

Environ 8 % des adultes souffriront d’une dépression majeure à un moment quelconque durant leur vie. Une fois la dépression diagnostiquée, 80 % des personnes malades recevant de l’aide peuvent reprendre leurs activités habituelles.[5]

 

Quelles en sont les causes? [5]

Une interaction complexe de facteurs génétiques, biologiques, de personnalité et environnementaux cause les maladies mentales.

Près de la moitié (49 %) des gens estimant avoir déjà été atteints de dépression ou d’anxiété n’ont jamais consulté un médecin à ce sujet.

La stigmatisation rattachée aux maladies mentales présente un obstacle sérieux, non seulement pour le diagnostic et le traitement, mais également pour l’acceptation dans la communauté.

 

Faits concernant la maladie mentale chez les enfants et adolescents [5]

Environ 10 % à 20 % des jeunes Canadiens sont touchés par une maladie mentale ou un trouble mental. Il s’agit des troubles les plus incapacitants au monde.

Aujourd’hui, environ 5 % des jeunes Canadiens et 12 % des jeunes Canadiennes ayant entre 12 et 19 ans ont connu un épisode dépressif majeur. Ainsi, c’est environ 3,2 millions de Canadiens ayant entre 12 et 19 ans qui risquent de développer une dépression.

La maladie mentale menace de plus en plus la vie des enfants canadiens. Le taux de suicide chez les jeunes au Canada est le troisième plus élevé des pays industrialisés.

Le suicide est l’une des principales causes de décès chez les Canadiens de 15 à 24 ans, immédiatement après les accidents. Environ 4 000 personnes se suicident à chaque année.

La schizophrénie est la maladie la plus incapacitante chez les jeunes comme elle est présente surtout dans le groupe des 16 à 30 ans. Environ 1 personne sur 100 en souffre.

Les problèmes mentaux chez les jeunes représentent la seconde dépense en soins hospitaliers au Canada après les blessures.

Au Canada, seulement 1 enfant sur 5 ayant besoin de services de santé mentale les reçoit.

 

Quel est le fardeau économique? [5]

Le fardeau économique de la maladie mentale au Canada est estimé à 51 milliards de dollars par année. Cette somme inclut les coûts des soins médicaux, la perte de productivité et la réduction de la qualité de vie liée à la santé.

 

Quoi faire? [6]

Étape 1 : Parlez-en. Ne restez pas seul. Plusieurs parents vivent la même situation que vous. Vous pouvez faire part de vos inquiétudes à votre entourage ou à un intervenant.

Étape 2 : Vous déculpabiliser. Ce n’est pas de votre faute. Votre enfant présente des difficultés qui peuvent être dues à plusieurs facteurs. Si vous lisez ceci, c’est que vous êtes soucieux de son bien-être et que vous souhaitez l’aider.

Étape 3 : Allez chercher du soutien à votre CSSS et de l’accompagnement auprès d’organismes communautaires.

Étape 4 : Faites évaluer votre enfant!!! Il est important de consulter un médecin pour qu’il vous réfère vers les services du réseau de la santé ou les ressources privées qui pourront procéder à l’évaluation de votre enfant. Pour l’obtention de certains services en lien avec les véritables besoins de votre enfant, une bonne évaluation menant à un ou plusieurs diagnostics précis est souvent requise.

Étape 5 : Être patient et collaborant. Il est important de jouer un rôle actif dans le suivi de votre enfant et d’appliquer les interventions proposées de manière constante et cohérente.

Voici les problématiques les plus souvent rencontrées[6]

Dépression

Troubles anxieux

Trouble d'opposition

Trouble de l'attachement

Syndrome Gilles de la Tourette

TDA/H

 

Qu’est-ce que la dépression? [6].

La dépression est une maladie qui se manifeste principalement par une grande tristesse, un sentiment de désespoir, une perte de motivation et l’impression de ne pas avoir de valeur en tant qu’individu. L’enfant qui vit une dépression peut avoir des idées suicidaires ou même passer à l’acte. Les symptômes dépressifs doivent donc être pris très au sérieux et de l’aide immédiate doit être apportée.

Qu’est-ce qu’un trouble d'anxiété? [6].

Tous les enfants présentent de l’anxiété à un moment ou un autre, face à certaines situations spécifiques ou suite à des changements importants affectant leur quotidien. Il ne faut pas vous inquiéter si votre enfant votre semble un peu stressé par moment. L’anxiété devient un trouble lorsqu’elle nuit de façon marquée au fonctionnement quotidien de l’enfant (il n’arrive plus à aller à l’école, il ne veut plus jouer avec ses amis, il n’arrive plus à dormir, etc.) et que cela se maintient dans le temps.

Qu’est-ce que le trouble d’opposition? [6].

Le trouble oppositionnel avec provocation se caractérise par un ensemble de comportements négatifs, hostiles ou provocateurs qui durent pendant au moins 6 mois.

Qu’est-ce que le trouble de l’attachement? [6].

Le trouble de l’attachement se caractérise par une incapacité à établir un lien sélectif avec une figure d’attachement (souvent un parent) dans la petite enfance. Cette problématique peut toucher des enfants qui ont vécu une rupture du lien mère-enfant (adoption, maladie de la mère, grossesse difficile, décès de la mère, placement précoce de l’enfant en famille d’accueil, etc.). Ce trouble entraîne des problèmes sérieux au niveau émotionnel, social, affectif, de la confiance en soi, du respect des normes et des études. Certaines conséquences sont irréversibles.

Qu’est-ce que le Syndrome Gilles de la Tourette (SGT)?  [6].

Le SGT est un trouble neurologique qui est caractérisé par la présence de tics moteurs et vocaux involontaires qui se développent durant l’enfance et peuvent durer toute la vie. Bien que les tics parfois quotidiens soient dérangeants, les troubles associés comme les problèmes d’apprentissage, les troubles de comportement ou les obsessions /compulsions peuvent avoir des impacts très importants sur la qualité de vie de l’enfant.

Le SGT n’est pas une maladie, mais un état. Il n’existe donc pas de traitement pour le guérir. Les interventions viseront plutôt à diminuer les comportements les plus dérangeants pour améliorer la qualité de vie et le développement du jeune.

Qu’est-ce que le Touble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H)? [6].

Le TDA/H se caractérise par trois principaux symptômes; l’inattention, l’impulsivité et l’hyperactivité. Les symptômes peuvent être présents à différents degrés. Les jeunes atteints de ce trouble ont de la difficulté à se concentrer, à terminer les tâches qu’ils entament, à rester assis et à attendre leur tour. Ils ont également tendance à agir de manière impulsive. Il existe trois types de TDAH; 1) inattention prédominante, 2) hyperactivité prédominante et 3) mixte d’inattention et d’hyperactivité.

Le TDAH n’est pas une maladie, mais un état. Il n’existe donc pas de traitement pour le guérir. Par contre, il est possible d’atténuer les conséquences des symptômes par du soutien et des interventions appropriées.


[1] Organisation mondiale de la santé. Rapport sur la santé dans le monde, 2001 – La santé mentale : Nouvelle conception, nouveaux espoirs [monographie sur Internet]. Genève : Organisation mondiale de la santé; 2001.

[2] http://www.phac-aspc.gc.ca/index-fra.php

[3] Proceedings from the International Workshop on Mental Health Promotion; 1997. Toronto: Centre for Health Promotion, University of Toronto:1997.

[4] Santé et Bien-être social Canada. La santé mentale des Canadiens : vers un juste équilibre. Ottawa : Ministère des Approvisionnements et Services; 1998.

[5] http://www.cmha.ca/fr/

[6] http://www.camh.ca/en/hospital/about_camh/newsroom/for_reporters/Pages/addictionmentalhealthstatistics.aspx

[7] http://www.douglas.qc.ca/info/enfants-sante-mental